Escale en Islande

LA GLACE ET LE FEU

Ég tala ekki íslensku !

Ég tala ekki íslensku !

Il m’a fallu bien du temps avant de pouvoir venir vous parler de ce voyage. Ce, pour plusieurs raisons.
Littéralement, d’abord. J’ai manqué de temps. Entre le taf et mes diverses allées et venues en Suisse, mes visites de la capitale, de ses expositions, des concerts, des lectures toujours plus nombreuses, difficile de s’installer devant un écran et de se discipliner.
Puis il m’a également fallu du temps pour digérer. C’était le voyage le plus attendu de mon existence. Celui que j’attendais depuis des lustres. Depuis qu’un jour, en découvrant Björk, ado, j’ai appris que cette île existait. Depuis ce jour, j’ai su que c’était là que je voulais aller. Là, et pas ailleurs.
Du temps pour digérer, donc, ce voyage extraordinaire et à couper le souffle… sous bien des aspects.

En janvier 2012, enfin, nous réservions des billets pour la Toussaint : avion + pass pour le festival Iceland Airwaves. Des mois durant j’ai préparé ce voyage. J’ai échafaudé tous les scénarios possibles et imaginables sur ce qui pourrait m’arriver… ce qui pourrait empêcher ce voyage ou pire, le gâcher. J’ai passé des heures sur Google maps, à me triturer les méninges, à prévoir LE meilleur itinéraire pour rentabiliser au maximum le temps passé en terre sacrée.

Itinéraire prévu...

Itinéraire prévu…

Puis le jour tant attendu est arrivé. En seulement quelques bonds, nous arrivions à l’aéroport international de Keflavik où nous attendait Magnus, de l’agence de location de voitures Blue Car Rental (que je conseille absolument !). De mon côté je me laisse guider… j’ai attendu ce moment depuis des mois, je l’ai préparé, répété dans ma tête, et tout se passe comme dans un rêve. Nous voilà sur la lune, dans ce paysage désolé de roches volcaniques, unique en son genre.
Nous rencontrons assez rapidement Jimmy, ce bon vieux 4×4 avec qui nous passons en Islande deux jours extraordinaires !

Jimmy, le premier matin à Borgarnes, devant l’auberge Bjarg.

Bien que l’agence de location de voiture ait tenté de nous avertir du risque de tempête, auquel nous ne sommes que peu réceptifs, et pensant y échapper, nous passons une première journée idyllique en Islande.
Depuis Borgarnes, nous partons pour une journée road-trip vers la péninsule de Snæfellsnes, avec seconde étape nocturne à Laugarvatn. Une bonne grosse journée de route, qui commence sous les meilleurs auspices. Nous bénéficions d’un soleil absolument magnifique. Bien sûr, le froid est absolument glacial et saisissant, mais de ces moments islandais, ce n’est pas ce que je garde en mémoire. Je retiens une chaleur profonde, celle de l’hospitalité incroyable de tous ceux que nous avons rencontrés… une vraie bienveillance, des sourires, des paroles échangées…
De Bjarg, je retiens, entre autres, ma rencontre matinale avec le gâteau Hjónabandssaela. Un pur plaisir que je me suis empressée de reproduire dès mon retour en France. Un vrai succès !

Je pensais faire un billet rapide, concis… et je m’aperçois que je voudrais tant tout raconter ! L’Islande m’a ensorcelée.

Des paysages à couper le souffle...

Des paysages à couper le souffle…

De Borgarnes, donc, nous partons au Nord, direction Stykkishólmur. Sur la route, des paysages plus épatants les uns que les autres.

Stykkishólmur

Stykkishólmur

Cette ville est l’un des plus beaux souvenirs que je garde de ce voyage. Le soleil y est sûrement pour beaucoup, mais j’avais envie de souligner ce détail. Je regrette simplement que nous n’ayons pu visiter la bibliothèque de l’eau… qui n’ouvre pas ses portes en hiver, et encore moins la semaine. Mon mail est resté lettre morte. Snif…

Autre souvenir très fort, celui de cette petite église noire très touristique, située sur la côte Sud de la péninsule…. : Búðir. Vous la trouverez sur tous les guides et dans les photos de tout un chacun… et grand bien vous prendra d’y courir ! C’est comment dire… ? Splendide !!

Búðir, ce joli havre de paix au milieu de nulle part...

Búðir, ce joli havre de paix au milieu de nulle part…

Hormis le froid, le second élément à prendre en compte lorsque l’on s’imagine ces paysages et la route qui va avec… est bien sûr le vent. Pour info, si vous vous rendez en Islande, il est bon de savoir que sur les cartes météo, le vent n’est pas indiqué comme ici en km/h, mais bien en m/s. Une donnée que nous n’avions pas vraiment intégrée avant de partir et qui a pris tout sons sens dès ce premier jour de voyage.
Le soir même, une fois quitté ce joli hameau, la nuit tombait sur un désert de neige, et nous nous retrouvions pour la première fois (et non la dernière) dans cette tempête terrifiante, où les vents viennent de partout et nulle part en même temps, la voiture léchant la mer et les falaises de près.
Une belle première frayeur, qui, au regard de la suite, semble totalement ridicule.

Après un long trajet caféiné, nous arrivons à destination pour notre seconde nuit, à l’auberge de jeunesse de Laugarvatn. Seconde nuit passée dans les terres où le vent nous a finalement laissé quasi 24h de tranquilité. Pour nous remettre de nos émotions, nous dînons au Restaurant Lindin, où le chef nous vante sa mousse au chocolat, soi-disant la meilleure au monde (publicité du Lonely Planet à l’appui…). Un repas dont je garde, comme pour la quasi totalité de ce que nous avons mangé en Islande un très agréable souvenir. Je pense toutefois avoir mangé de meilleures mousses au chocolat… Et vous ? qu’en pensez-vous ?

Deuxième road-trip, moins conséquent, de Laugarvatn à Skogar, où nous passons à nouveau la journée sous un soleil comme jamais je n’en avais vu. Au programme : Geysir, les chutes de Gulfoss, Seljalandfoss et Skogafoss. Jeux d’eau naturels tous plus incroyables les uns que les autres. Nous visitons également l’éco-musée de Skogar (Skógasafn), qui est vraiment très intéressant.

Geysir…

C’est ce troisième soir et la journée du lendemain qui furent les plus éprouvants. Nous dormons à la Farm Holiday Drangshlid, où nous sommes les seuls clients (et accessoirement les seuls dans le gite… la propriétaire ne dort pas sur place). La tempête commence à faire rage en cours de soirée, alors que nous nous rendons au restaurant à quelques kilomètres de là. Frayeurs sur la route qui m’ont fait passer à côté d’un dîner fabuleux et d’une bière extra. Mais le stress m’empêche de me détendre autour de cette bonne table. Nuit agitée… où je dors très peu, ayant l’impression que le ciel va nous tomber sur la tête. Au réveil le lendemain… Désolation : Jimmy a bien ramassé pendant toute la nuit et la vitre arrière  est en mille morceaux (et la peinture de toute l’aile conducteur martelée de milliers d’impacts). Je vous épargne ce triste spectacle… au profit de celui-ci :

Après le feu... la glace !

Après le feu… la glace !

La tempête continue de faire rage… et nous renonçons à nous rendre à Vik (où nous voulions voir des macareux)… et Þingvellir pour rentrer directement à Reykjavik où nous devions de toutes façons dormir le soir même. Une fois le trou béant fixé avec du plastique… nous nous élançons à 30km/h vers l’Ouest, sur cette route au bord de la mer et des montagnes où les vents s’engouffrent littéralement partout.

Sur le chemin vers Reykjavik, nous ne perdons toutefois pas le Nord et nous profitons d’une pause déjeuner à Hveragerði pour acheter le fameux pain cuit à la vapeur des sources thermales locales… Le meilleur pain que j’aie mangé de toute ma vie !

Une fois l’épisode Jimmy terminé… et quelques 200 000 couronnes islandaises plus tard (sachez que les locations de voiture en Islande n’incluent aucune assurance intempéries/conditions météorologiques : payez avec une carte de crédit blindée d’assurances)(ce que nous n’avions pas fait, bougre d’andouilles que nous sommes !), et la voiture changée… nous voici plongés dans les eaux bleu indigo du Bláa Lónið (le Blue Lagoon, cqfd). Il fait -5°c dehors, ressentis… beaucoup moins (?)(mais combien ?), le vent nous assomme et le grésil achève le tableau : je dois avouer que j’ai véritablement détesté cette baignade, d’autant que l’eau était moins chaude qu’à l’habitude (dixit l’hôtesse à l’entrée), et le prix de la chose faramineux. Mais au moins, nous aurons essayé. (Notons que j’ai fait une réaction allergique à l’eau du lagon… soi-disant justement bonne contre les problèmes de peau… ce n’était pas ma journée !) Et parce qu’il ne faut pas toujours se plaindre à tort et à travers, malgré cette expérience en demi-teinte, je n’ai rien à dire sur la beauté du lieu, qui à elle seule vaut tous les déplacements !

Joli lagon bleu...

Joli lagon bleu…

Nous avons poursuivi le reste de notre séjour à Reykjavik, bravant des conditions météo peu propices pour visiter au mieux les lieux. Au programme : concerts (découverte de Daughter, Nelson Can et Thee Attacks, entre autres) bien sûr (eh, nous étions là pour ça !), musées : Kjarvalsstaðir (musée d’art municipal), Hafnarhús (musée d’art contemporain = absolument génial ! On a adoré les trois expositions du moment), églises… restaurants, bars, marché aux puces ! C’est une ville très agréable, où nous avons été très bien accueillis.
Je conseille absolument de manger au moins une fois à l’Islandic Fish & Chips… de goûter de la baleine, du requin putréfié, du foie de morue et du Brennivín. Je ne révèle pas ce qui est bon ou non… à vous de vous faire votre propre opinion ! Nous avons malheureusement raté une aurore boréale durant ce séjour : éprouvés par les conditions météo, nous avons dormi comme des bébés lors de notre première nuit à Reykjavik… et le ciel ne nous a pas attendus. Dommage !
Un voyage haut en couleurs et en émotions, que je referais volontiers si c’était à refaire !

Un conseil vestimentaire ? Nous n’étions pas très équipés pour ce voyage… Au vu des conditions climatiques et du peu de temps que nous avions, nous n’avions pas prévu de faire beaucoup de marche/randonnée. Par ailleurs, nous avons tout de même passé beaucoup de temps dehors. Et ce n’est pas tant le froid qui nous a dérangés, que le vent… (et quel vent !).
A prévoir, donc :
– un bon coupe-vent bien chaud. J’avais personnellement opté pour la veste Escape Warm Bomber, de chez Décathlon (publicité gratuite, si jamais cela peut aider…), et je ne regrette absolument pas cet achat, que j’ai pu rentabiliser un maximum cet hiver ;
– un bonnet (qui s’envolera vite si vous ne lui joignez pas une capuche) – s’il peut cacher les oreilles, c’est tout bénef… ;
– une paire de gants isolants (vent/froid) – mes gants en cuir ont parfaitement fait l’affaire ;
– une paire de chaussures/bottes fourrées avec semelle anti-dérapante : mine de rien, on a vu beaucoup de touristes se vautrer lamentablement à Gulfoss… ce qui n’a pas été notre cas, YAY !

J’ai sûrement oublié beaucoup de choses et ce récit est sûrement très parcellaire et embrumé… je m’excuse également pour les trop nombreux « montages » photo que je vous propose, mais cela me permet d’en partager plus avec vous !

Jolie rencontre sur la route de Budir.

Jolie rencontre sur la route de Budir.

Je tâche de revenir beaucoup plus vite… avec de nouveaux récits de voyages et concerts !

10 réflexions sur “Escale en Islande

    • Ne doit-on pas visiter la Norvège et le Groenland aussi ? Et le Japon ? Et le reste du monde… On part quand ?

  1. toujours autant de plaisir à te lire pour nous raconter tes(vos maintenant hihi) voyages et j’espère que tu auras l’occasion d’en faire plein d’autres toi qui aimes tant ça

    • Merci Marcelle et Jean d’être toujours aussi fidèles à ces quelques pages et d’être aussi enthousiastes ! ça fait chaud au cœur !
      « Presque envie » ? Peut-être qu’un jour…

  2. Lecture de ces nouveaux posts un peu en retard… mais pas déçue du tout ! Les images sont magnifiques, et bien sûr, cela donne envie de voyager… A très vite sister🙂

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