Saturday Night Fever…

MALDOROR

David Ayala est Maldoror, à la Maison de la poésie.

Il y a des jours comme ça… où tu as du flair.
Comme à l’accoutumée, je reçois moult invitations à des manifestations culturelles, au boulot.
La majorité du temps, malheureusement, je n’en prends pas cas. Je jette, je donne, je transmets… je fais en sorte de ne pas voir (je n’ai pas franchement le temps, aussi, faut dire).

Cette invitation là avait un je-ne-sais-quoi d’attirant. Probablement parce qu’elle contenait les mots magiques « musique de Pink Floyd ».
D’habitude, le mot « poésie » a tendance à me faire reculer. Beaucoup s’en étonnent… : « Quoiiii ? Toi si sensiiible, si littéraire, si… » Oui. Voilà. Moi si tout cela, je ne sais pas pourquoi, la poésie ne m’a jamais parlé. Elle ne me fait pas vibrer. Voire même, m’ennuie, c’est pour dire. Pourtant, j’ai souvenir de m’être bien régalée sur Les Châtiments, d’Hugo, quand je passais le bac. Je ne saurais dire pourquoi : le tout rassemble à peu près tout ce qui me fait fuir… et pourtant, je n’ai pas regretté la découverte… Je ne suis donc pas totalement fichue !

Maldoror. Une adaptation du texte de Lautréamont, Les Chants de Maldoror, que je ne connaissais pas. Une véritable faute de goût me direz vous (et je partage votre avis, il FAUT que je lise Les Chants de Maldoror, c’est dans le top ten de ce que je ferai quand j’aurai de nouveau le temps d’avoir une vie personnelle/culturelle digne de ce nom).

« Ce n’est pas un texte intimiste mais une somme de visions épiques qui permet de penser une mise en scène spectaculaire, notamment par le mariage avec la musique de Pink Floyd. Il existe une proximité et une complémentarité aussi incroyables qu’évidentes entre ce texte et cette musique. C’est pourtant un mariage improbable puisque leurs écritures sont séparées par un siècle mais au final on dirait que l’une a été faite pour l’autre.
Les chants de Maldoror ne représentent pas seulement une succession de cauchemars de l’humanité, ils dégagent aussi une perception non angélique du monde qui ressemble plus à la réalité qu’à une idéalisation. L’auteur décrit la condition humaine comme épouvantable. Une part de comédie naît de l’excès et de la passion du détail.
C’est l’acteur David Ayala, rencontré dans Fantômas revient, qui incarne les cauchemars délirants d’Isidore Ducasse et donne à entendre un texte tout simplement merveilleux dont la dimension fantastique et incantatoire prend toute sa puissance. »
Pierre Pradinas (metteur en scène).

Quoiqu’il en soit, dès la lecture du carton, j’ai foncé sur le téléphone le plus proche et j’ai réservé deux places, comme ça, cash ! (une invitation et une place réduite). Et j’ai proposé à qui de droit de m’accompagner.

Samedi, nous nous rendions donc, Qui-de-droit et moi-même, à la Maison de la poésie (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin, 75003, Paris).
Il faisait chaud, très chaud.
J’étais assez impatiente, et à la fois dubitative.
La découverte du décor fut un premier point positif.
Puis le noir se fit et David Ayala entrait sur scène.
D’abord surprise, je me laissais peu à peu gagner par la force du texte… rejoint par l’envoutante musique de Pink Floyd (le meilleur de Pink Floyd – ou tout au moins, pile ce que j’avais envie d’entendre).

Et ce texte grave eut résonance en moi.
La mise en scène, l’adaptation et le jeu de l’acteur unique sont audacieux. Ils confèrent à ce texte une dimension psychédélique… et une réelle aura comique [Un texte qui après tout fait partie de l’Anthologie de l’humour noir du grand André Breton… Le surréalisme n’est jamais bien loin !]. Qui l’eut cru ?

Si l’occasion vous en est donnée, je ne saurais que trop vous conseiller d’aller voir Maldoror !
Représentations jusqu’au 26 mai 2010, à la Maison de la poésie.

Quant à moi, j’attends le moment où je pourrai savourer le texte, à l’ombre des grands pins.

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