El sabor de tu boca…

ALMODOVAR, LE RESTE ET MOI

[Youtube=http://www.youtube.com/watch?v=tqJ9263FA-Y]Comment illustrer en musique un billet sur Almodovar sans passer par Luz Casal ? Je ne sais pas faire ! Et puis je ne veux pas non plus vous gâcher le plaisir en vous proposant des images du film…

Paris, Paris. Paris combien, tout ce que tu veux.
(C’est récurrent oui, je ne peux pas m’en empêcher. C’est un toc.)

Ce week-end, l’été s’est abattu brutalement sur toute la France. (Ou presque. Ceci dit moi j’étais pas partout à la fois donc je te dis ce que j’ai vécu…)

À Paris, c’était l’enfer. Pour moi en tous cas. Dimanche, la chaleur m’a littéralement liquéfiée.
Hier, lundi, en me levant à 6h, je découvrais que la température extérieure était approximativement la même que celle de mon appart (qui est à peu près toute l’année sous les tropiques)(pour contenter te curiosité et parce que je sais que tu es émoustillé par les données chiffrées, je te le dis cash :  il fait 28°C au moment où je te parle). Assez pour que je m’habille léger (mais pas trop, j’attendais l’orage)…
Enfer et damnation… J’étais toujours trop habillée… Au sortir du taf, je suis allée me réfugier à la bibliothèque, histoire de faire descendre la température. Là, j’ai dû me rendre à l’évidence. Même à la BNF, malgré la clim, le sous-sol, etc., c’était limite. Pour te dire à quel point… J’ai dû m’acheter un Orangina Light à 1,60€ pièce pour me raffraîchir. LE truc qui n’était pas arrivé depuis au moins quinze ans (je dis ça à la louche – quoiqu’à l’époque le côté  light de la chose n’existait sûrement pas mais c’est pour te dire combien les sodas et moi on n’est pas très copains !)…
Là, le cauchemar était palpable, après une bonne nuit de 4h30, j’avais bien du mal à ne pas m’endormir sur mes revues spécialisées. Vers 16h, je décidais que je n’en pouvais plus. Et en sortant, PAF ! Prends-toi ce retour de chaleur ! Le fait est que je voulais aller au cinéma, mais que la séance était à 17h20 (compter 40 avec les pubs), soit 1h40 plus tard. Oui, mais voilà, que faire ? Je n’allais pas rester dehors sous cette chaleur. Rentrer chez moi ? Et comater ? Merci bien !
Cinq minutes plus tard, me voici à l’UGC Ciné-Cité de Bercy… où je décide pour la première fois de ma vie d’aller boire un verre (non mais la journée de malade quoi !^^) au frais en attendant la séance. J’ai même travaillé !

Une bonne grosse journée, donc.

Léquipe du film Etreintes brisées de Pedro Almodovar.

L'équipe du film Etreintes brisées de Pedro Almodovar.

17h20, je me dirige gentiment salle 31, pour assister à la séance de Los Abrazos Rotos (Etreintes brisées), le dernier Almodovar.
Là, j’étais bien éveillée. Les sens à l’affut. L’oeil attentif et l’oreille palpitante.

Une fois de plus, Pedro Almodovar a su combler mes attentes.
Son oeuvre est à la fois d’une constance étonnante, tout en évoluant vers des sentiers inattendus. Un renouvellement tout en douceur.
Un sens du casting épatant. Chacun y trouve sa place avec une justesse folle… (la langue, la sensualité, le velouté de l’image font qu’à un moment ou un autre je tombe toujours amoureuse de l’un des personnages – pour de faux hein… Là, ce furent Pedro… Mateo/Harry, et même Ernesto junior – mais en version adulte ok ? Ne nous méprenons surtout pas !)

J’aime Almodovar. Depuis toujours. Il est de ces auteurs qui font partie de vous avant même que vous n’alliez à leur rencontre… De ces réalisateurs/artistes dans lesquels vous reconnaissez une partie de vous-même (si infime soit-elle). De ces êtres qui savent faire bouillir les sens. De ceux qui vous parlent. A vous. Même si la salle est remplie. De ceux qui vous caressent avec adresse.

Un travail subtil… où tout jusqu’au plus petit détail offre plus encore de réjouissances… De la référence cinématographique appréciée (Ascenseur pour l’échaffaudStromboli – magnifique extrait du film de Rossellini, avec l’immense Ingrid Bergman…), aux incursions dans un présent sans cesse actualisé… Et ce sens de l’image.

Chez Almodovar on ne reste jamais plantés au milieu de nulle part. Qu’on évolue dans le milieu des transexuels, des femmes au bord de la crise de nerfs ou du drame familial, un fil d’Ariane nous permet de rester connectés d’un bout à l’autre du film. De la pelicula. D’être happés par la bande dès la seconde où le film est lancé pour n’en sortir, anéanti par la fiction, qu’une fois les lumières de la salle rallumées et le générique passé. Jusqu’à la dernière goutte.
Là la réalité reprend forme. Seulement là. Et de n’avoir aucune idée de combien de temps ce film a pu durer. Et de ne pas chercher à le savoir. Qu’importe.

Etreintes brisées rejoint ces films hommages… hommage aux femmes, à la vie, à l’amour, aux tumultes de la vie… Hommage au cinéma. La caméra fige une réalité éternelle. Celle de l’amour de l’art. De l’amour de la nature et de sa beauté grandiose, de sa force infinie. Réalisme. Néoréalisme. Hommage d’un amoureux du cinéma rendu aux amoureux du cinéma…

Aimer. Juste Aimer.
Vouloir toucher l’écran, palper les personnages… caresser ces mains, s’évanouir sur une musique sucrée… Et ne plus ressortir de cette torpeur.

Je ne vous dis jamais rien des films… je vous transmets ces simples bribes d’émotions… de sensations…

Une fois sortie de la salle, dans cette temporalité indéfinie, la chaleur s’abat de nouveau sur moi…
Mon corps s’écroule en rentrant.
Jusqu’à la salvation nocturne, où l’orage fait rage. Le bruissement des arbres, le martèlement de la pluie sur le goudron et cette odeur si agréable des orages d’été… Odeur de souffre, de terre. Rien de tel pour s’écrouler et dormir… 4 heures trente supplémentaires… pour se lever de nouveau à 6h… mais cette fois pour une journée de fraîcheur et de pluie, salvatrice. En attendant le retour du soleil. 

Je vous quitte avec cette chanson en tête…


 

Luz Casal – Lo eres todo  (Tu cliques tu écoutes !)

Cada vez que veo tu fotografía
descubro algo nuevo
que antes no veía
y me hace sentir lo que nunca creí.

Siempre te he mirado indiferente,
eras tan solo un amigo
y de repente lo eres todo, todo para mí,
mi principio y mi fín.

Mi norte y mi guía, mi perdición,
mi acierto y mi suerte, mi equivocación,
eres mi muerte y mi resurrección,
eres mi aliento y mi agonía
de noche y de día,
(te lo pido por favor,
que me des tu compañía
de noche y de día… lo eres todo.)

Dame tu alegría, tu buen humor,
dame tu melancolía,
tu pena y dolor,
dame tu aroma, dame tu sabor
dame tu mundo interior,
dame tu sonrisa y tu calor,
dame la muerte y la vida,
tu frío y tu ardor,
dame tu calma, dame tu furor,
dame tu oculto rencor.

2 réflexions sur “El sabor de tu boca…

  1. Almodovar … Rien à ajouter. Chez moi il est rangé dans le tiroir des réalisateurs qui font des films qui me plaisent toujours. Très très bon.

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