Tchekhov et moi

UNE VISITE À MON ONCLE VANIA

Par le plus beau des hasard, mon nouveau job m’offre de bien douces opportunités. Voici comment il y a quelques semaines j’avais la possibilité de prétendre à l’offre de deux invitations au Théâtre de la Bastille pour voir Oncle Vania (Anton Tchekhov, 1890)…

L’opportunité saisie, je me rendais donc hier soir, en compagnie d’une amie au dit théâtre.
Deuxième sortie parisienne au théâtre depuis que la ville m’a adoptée il y a de cela un peu plus de deux ans.

J’appréhendais un brin, sachant que le théâtre ne fait pas partie de mes genres littéraires favoris, et surtout que j’ai bien du mal à entrer dans le jeu. Si le processus d’identification fait très bien son office avec moi au cinéma, c’est toute autre chose lorsqu’il s’agit de théâtre.
Pourtant j’aime le lire. Je me souviens de moments exquis avec Pagnol. De moments hilares avec Ionesco. De sarcasmes avec Sartre… De poésie avec Shakespeare…
Le théâtre et la poésie restant deux genres en suspens dans mon cerveau de moineau.

Bref.
Après diverses anecdotes avant d’arriver sur place, voici que je retirais mes invitations en attendant la représentation. Ce que j’avais pu lire sur cette représentation d’Oncle Vania, me laissait perplexe… et j’attendais donc de découvrir enfin le dispositif scénique…

« C’est un retour aux sources pour les Possédés. Après Derniers remords avant l’oubli de Jean-Luc Lagarce, ils reprennent Oncle Vania de Tchekhov, spectacle fondateur de la compagnie créé en 2004. Le vieux professeur Sérébriakov revient à la campagne avec sa seconde épouse Elena, dans le domaine que gère sa fille Sonia avec Oncle Vania. […]. La mise en scène des Possédés est sur le fil, entre rire et tragédie. Sur le plateau, pas de décor identifiable mais un espace dépouillé pour projeter l’imaginaire. Une longue table, quelques lumières et un dispositif tri-frontal qui invite le public à partager l’intimité et les conflits des personnages, comme si les spectateurs étaient des acteurs à part entière. Cette proximité permet de saisir les plus petits gestes, l’expression d’un visage, l’inflexion d’une voix, créant un rapport presque cinématographique au jeu. […] Ils se sont rencontrés au cours Florent en 1995 et avouent avoir eu un choc en découvrant un autre collectif d’acteurs : les tgStan. « Ça nous a décomplexés, nous partageons la même approche vis-à-vis du texte ». Respecter l’esprit plutôt que la lettre, « désacraliser le plateau et ne pas arriver chargés de toute l’histoire d’Oncle Vania en pensant aux spectateurs qui entendront peut-être ce texte une seule fois dans leur vie ».
Source : Article de Sophie Joubert.

 « [Les spectateurs] sont chez eux, chez nous. On ne sait plus trop. Les frontières entre fiction et réalité, entre les acteurs et les spectateurs, devront disparaître. » insiste Rodolphe Dana, l’un des deux metteurs en scène.
En lisant ces mots, j’avais eu une la (petite) crainte d’une de ces expérimentations théâtrales où le spectateur est convié sur scène… Ce qui n’est, vous pouvez vous en douter, pas vraiment ma tasse de thé.

20h50, les portes de la salle du bas du Théâtre de la Bastille s’ouvrent… et nous découvrons l’espace. Une salle de taille réduite, à la capacité d’accueillir 261 spectateurs. La scène se trouve au centre.
Surprise pour moi et mon amie : un buffet est proposé aux spectateurs : toasts, jus de fruits et boissons. De quoi, véritablement, se sentir chez soi.

Puis, la pièce commence. L’intimité se crée…
Si mon amie n’a pas été séduite du tout par le jeu, qu’elle a trouvé mauvais… pour ma part je l’ai trouvé bon. Et lorsque pendant deux heures je suis le fil d’une pièce sans ennui et avec intérêt, c’est que la magie a opéré.
J’ai aimé le dispositif scénique… la mise en scène… l’adaptation du texte, qui bien que je ne connaisse pas cette pièce de Tchékhov en particulier ne m’a laissé aucun doute sur son fondement… J’ai aimé cette prise de distance par le rire.
Contrairement à quelques spectateurs qui semblaient rire aux éclats… je dois avouer qu’il ne faut tout de même pas abuser. Le rire était présent, juste, mais la tragédie restant malgré tout latente et implicite, derrière les faux-semblants et les sarcasmes.

 [Youtube=http://www.youtube.com/watch?v=ssFgYSysf-g]

J’ai donc été conquise par cette représentation, par le collectif des Possédés et ses acteurs… par la mise en scène, par le théâtre en lui même… Puis par ce quartier très animé que je découvre peu à peu… La rue de Lappe… Et les souvenirs que je m’étais forgés en ces lieux lorsque je pouvais encore aller à pieds de Nation à Bastille en empruntant la rue du Faubourg Saint-Antoine.

Soirée qui se terminait en queue de poisson, lorsqu’à une terrasse de café quelques pas plus loin… nous laissions sur la table en partant les roses offertes par deux messieurs. Pratique manquant de galanterie… ces messieurs outrés par notre refus, à la limite de l’insulte… Et puis quoi ? Accepter ces roses et que faire en retour ? Non messieurs. La technique n’y était pas. Le verbe et l’humour non plus. Sans parler de l’enrobage…

Quoiqu’il en soit, j’espère renouveler rapidement une expérience au théâtre… recevoir de nouvelles invitations qui sait ? Dans tous les cas, je suivrai de près la programmation de ce théâtre !

Dans moins de six jours… l’enfer mes amis.
En attendant… je n’arrive pas à travailler alors je vous confie mes hauts, mes bas, mes dessous et mon intimité. Ou pas ?

A bientôt !

5 réflexions sur “Tchekhov et moi

  1. Héhé salut la belle,
    Heureusement qu’à la Capitale il existe beaucoup de divertissements afin de pouvoir goûter à tout (enfin presque).Et en ce qui concerne les messieurs, peut-être croyaient-ils bien faire, mais la méthode est vieille comme le monde……et tout dépend de la façon de procéder.
    Allez encore un coup de collier, puis après tu pourras te reposer (au niveau des révisions je veux dire)….
    bizzzzzz

  2. Coucou !
    C’est vrai que l’offre culturelle est assez impressionnante à Paris, mais c’est aussi le cas dans la majorité des grandes villes de Province (comme je ne pense pas rester à Paris des dizaines d’années, je mise sur elles !)…
    Quant à ces messieurs… ils étaient franchement vieux… et de mon côté si Gwenn ne m’avait pas dit qui nous avait offert ces roses, je n’aurais pas su !! En plus elles étaient vilaines (ce qui n’était pas de leur faute, j’avoue !)… et comme j’avais une migraine carabinée, j’avais la tête bien ailleurs (je pensais à la codéine et à mon lit ! ^^).
    Bisous.

  3. un homme vous offre des fleurs…juste hilarant!
    j’avais des copains au lycée qui avait monter cette pièce,je l’aime beaucoup.
    no stress,cocotte!ta vie continue après ce fichu exam.
    biz

  4. « Vasy, madmois’L, pourkoi tu lèsse ma rose kom sa ! Franch’men ça se fé tro pa ! Tu c komb1 elle ma kouté ?! »

    LOL

    Osée la fin, osée ^^

  5. Ovar > J’avoue que j’aime qu’on m’offre des fleurs. Mais pas comme ça quoi !!😉 Vivement la fin de semaine que je boive un bon p’tit coup !!

    Gaby > ah oui mais non, là c’était plutôt de gros vieux dégueulasses alcoolisés. Ils ne nous ont pas dit un mot, n’ont pas essayé de nous parler ou quoi que ce soit… et là, voilà qu’ils nous forcent à accepter des roses toutes vilaines ? Non mais attends !!! Beurk.

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