Pleins feux sur…

… ANDREA MANTEGNA

Andrea Mantegna, 1505-1506. La Sainte Famille avec la famille de saint Jean Baptiste, toile.

 Je ne sais pas pourquoi, mais je choisissais samedi dernier (jour des morts) de me rendre au Louvre pour voir, enfin (le dernier essai s’était soldé par une mésaventure tragique – mais sans conséquence), l’exposition consacrée au maître initiateur de la Renaissance italienne.

C’est effectivement par l’intermédiaire de Mantegna que l’art a définitivement rompu avec une vision encore gothique de la création, entrant alors de plein pied dans cette époque que l’on nommera plus tard la Renaissance.

Il s’agit ainsi non seulement d’un renouvellement d’épistémè* (j’apprends des mots et je vous en fait profiter, je suis généreuse), mais aussi et surtout d’un bouleversement dans l’introduction des sujets sur la toile, dans leur rapport avec la réalité, mais aussi dans les thèmes choisis.

Bref, je vous la fais en simplifié, je ne suis pas là pour réécrire l’histoire de l’art, mais bien pour parler de mon ressenti de cette exposition.

La première chose qui me vient à l’esprit lorsque je pense à cette exposition, c’est malheureusement l’affluence monstre dont elle est l’objet. 500 personnes entassées dans un espace relativement restreint, où le public, très disparate, manque cruellement d’éducation. Education citoyenne et civique tout d’abord. C’est bien connu, les gens sont totalement irrespectueux des autres et sont bien sûr seuls, partout où il vont. Conséquence ? Voici comment l’on peut se faire piétiner dans la joie, évincer de devant une oeuvre parce qu’on choisit de se mettre justement pile devant vous, de se faire pousser et malmener, au gré des envies de chacun, et surtout de subir la « science » de certains qui ne peuvent s’empêcher d’épiloguer à haute voix, pendant des heures, devant telle ou telle toile. Moi qui aime tant échapper aux commentaires…. j’ai donc été servie.
Etonnant également aussi l’attitude de ce public, venu expressément voir des toiles de Mantegna : le visiteur s’agglutine devant les toiles célèbres et laisse totalement de côté les oeuvres d’artistes moins connus ou ne faisant pas l’objet de cette exposition en particulier. Un point agréable pour moi, puisque j’ai pu librement contempler de très belles oeuvres sans trop de gêne.
Impossible donc ou presque de s’approcher des dits chefs-d’oeuvres de Mantegna, surtout ceux des débuts de carrière aux formats restreints…

Je pourrais continuer mon énumération pendant de longues heures… mais c’est maintenant le moment d’évoquer le positif, dans toute cette cacophonie.
Première chose : le côté didactique de l’exposition, qui propose une vision chronologique du travail de Mantegna, ancré dans l’émulation créative de son temps.
N’étant pas une spécialiste de la période et du peintre, j’ai également été séduite par la richesse des oeuvres proposées et surtout de découvrir, en format réel les toiles étudiées en cours ou vues dans les livres. C’est toujours impressionnant, surtout pour des oeuvres comme le Saint-Sébastien d’Aigueperse
J’ai également été absolument charmée par la présentation de multiples gravures, soit toute la partie « Mantegna invenit« . Depuis que j’ai étudié les techniques d’estampage, je suis toujours absolument épatée et renversée de voir la finesse des détails, les différents états de réalisation, etc.

Andrea Mantegna - 1495-1500, Judith et la servante Abra, toile.

Andrea Mantegna - 1495-1500, Judith et sa servante Abra, toile.

Enfin, pour conclure, je dirais que c’est surtout les oeuvres du Corrège, présentées en toute fin de l’exposition qui m’ont le plus interpellée. Il y a dans l’oeuvres du Corrège une douceur absolue, un velouté, une pratique du sfumato qui montre une réelle avancée technique et créative (initiée par Leonardo Da Vinci, bien sûr).

Le Corrège, 1518-1519, La Sainte famille, bois.

Le Corrège, 1518-1519, La Sainte famille, bois.

Une exposition à voir au Louvre jusqu’au 5 janvier 2009.

And now ladies and gentlemen, it’s time to work !

A bientôt !

* Grossièrement, il s’agit d’un brusque changement de conception du monde, compris suivant les différentes périodes de l’Histoire.

4 réflexions sur “Pleins feux sur…

  1. Hello,
    Comme tu le dis si bien, nos concitoyens sont vraiment des incivilisés, je te rejoins complètement. Mais bon, il faut passer outre, et faire comme eux (non bien sûr je rigole).
    Faire montre de courtoisie des fois ça peut même les déstabiliser!! comme quoi ils manquent de savoir vivre.
    Commentaire très intéressant à tout point de vue comme d’habitude, on ne s’en lasse pas.
    Gros bisous,

  2. Hehe.
    Oui, c’est vrai que parfois les gens ne comprennent plus pourquoi on leur sourit, ou pourquoi l’on s’excuse, etc. ^^
    Heureuse que ça t’ait plu !!
    Bisous !!

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