Au comptoir…

… POUR QUELQUES BREVES UN PEU LONGUES.

Juin se fait intense et je néglige la qualité (si tant est qu’il y en ait jamais eu) de ce blog naissant.
Ce soir, je présenterai donc un panel non exhaustif de quelques petites informations (intimes ou moins) que vous auriez pu vouloir connaître… (notez l’emploi de ce merveilleux conditionnel de mauvais goût dans cette phrase qui ne veut absolument rien dire. C’est très bien comme ça.).

Une oeuvre d'un certain Lars Hertervig...

I.
Puisqu’il faut commencer par quelque chose, je pensais revenir dans un premier temps sur cet opéra que je voyais dimanche en compagnie d’une Autre. [Le risque d’oublier devient de plus en plus fort et si je ne bats pas la flemme dans la foulée, je risque de me laisser aller et de ne pas vous transmettre mon sentiment sur ce morceau choisi de mon actualité (« dommage ! » Tu as pensé trop fort, c’est malin, j’ai tout entendu !)]
Hier, je me rendais donc à l’Opéra Garnier pour assister à l’une des représentations de Melancholia.
Je pensais consacrer un billet intégral sur ce thème et puis, à bien y réfléchir, je suis vraiment une bien piètre commentatrice d’événements. C’est tout juste si j’arrive à exprimer mon sentiment… mais je le fais toujours, avec maladresse et générosité, parce que je dois avouer que j’adore écrire ce qui me passe par la tête. (Même si plus rien n’a de cohérence.)

Tout d’abord, pour qu’il n’y ait pas de méprise, je dois t’avouer que j’ai cédé à la tentation après une énième tentative de l’opéra (lui-même) qui essaie de me corrompre depuis des semaines en m’envoyant des mails me proposant des spectacles à tue-tête.
Voici donc que je craquais pour cet opéra que l’on me vendait : Melancholia.


Melancholia I, c’est d’abord un roman relatant de la vie d’un peintre paysagiste norvégien, fou de son état, dénommé Lars Hertervig (in english please). Histoire vraie ayant inspiré au milieu des années 1990 le dramaturge norvégien Jon Fosse (haha, un lien pour les fainéants), qui a lui même adapté son oeuvre sur une commande de l’Opéra de Paris.
Voici comment ce roman halluciné (terme passe partout lorsqu’on aborde la littérature scandinave) devint un beau matin le livret d’un opéra en trois actes, mis en musique par Georg Friedrich Haas.

L’opéra étant allemand, je décide au préalable de m’imprégner du texte (traduit), curieuse de découvrir un auteur inédit dans ma bibliothèque scandinave… et accessoirement de me faire une idée sur ce que j’allais voir. Une lecture laborieuse, morne, froide et terne, que je dévorais littéralement. (Ca semble étrange dit comme ça, mais c’est l’exacte vérité, vous savez que je ne mens jamais !)
Un premier chapitre de près de deux cents pages focalisé sur les événements survenus une après-midi d’automne de 1853 à Düsseldorf… Tout un programme.
Et de découvrir la vie intérieure et torturée d’un peintre fébrile et infantile, gagné par une folie abrutissante.

Comment décrire cette écriture et ne pas partager d’extrait ?
J’ouvre donc pour vous mon exemplaire de Melancholia I* à la page 134, cornée par mes soins.
Je lis :

« Je sors dans la rue. Je n’y vois personne. Mais il faut bien que j’aille quelque part. Je descends la rue. Et tout à l’heure je marchais dans la même rue, je descendais la même rue. Je remontais la même rue. Je descends la rue. Et tout à l’heure je marchais dans la même rue. Je descendais la même rue, tout à l’heure je descendais cette même rue, et puis, un peu plus tard, je la remontais. Je marche dans la rue. Tout à l’heure, j’allais au Malakasten, pour la première fois j’allais au Malakasten. Aujourd’hui moi aussi j’ai été au Malakasten. Et maintenant je descends la rue, entre mes deux valises, et je n’ai nulle part où aller. Je marche dans la rue. Je marche, entre mes deux valises. […] »

Une lecture qui, si elle surprend au premier abord ne laisse pas indifférent et finit même par fasciner. Et l’on entre dans la tête du peintre. Et l’on vit avec lui cette souffrance. Et lorsqu’on repose l’ouvrage une fois le tout digéré, le repos ne vient pas. Il n’y a pas de repos. Il n’y a que cette souffrance, cette longue plainte et le monde qui tourne autour de soi, bien trop vite.

Conquise, je me rendais à l’opéra, excitée par la curiosité de voir enfin quelle serait la mise en scène de cet étrange microcosme, et réticente d’après les quelques images vues au préalables et retours critiques peu encourageants.
Et de découvrir enfin l’ensemble.
Cette musique dissonante délicieuse, reflet absolu quoiqu’embelli de ce à quoi je m’attendais.
Une mise en scène très moderne (j’y suis si peu réceptive), très statique, autour d’un jeu de voile(s).
Etrange tout pour un rendu très fidèle à cette oeuvre sans repère, fixant sur les planches ces rêves entêtants et dérangeants qui me hantaient jusqu’alors.
Une adaptation réussie pour une oeuvre singulière…

II.
Fête du cinéma. Dernier week-end de juin. N’aurai sûrement pas le temps de m’y déplacer… ou trop peu ? Vous êtes prévenus !

III.
Achats : La Société des jeunes pianistes de Ketil Bjornstad ; Anges déchus de Gunnar Staalesen ; La Traversée de l’été de Truman Capote. Ainsi qu’un nouveau guide miniature sur Londres. On n’en a jamais trop.

IV.
London Calling.
J’arrive, me voilà.
Une première fête de la musique en dehors du territoire français. L’idée me plaît d’autant plus qu’on fait toujours à l’étranger des choses qu’on n’ose jamais chez soi.

Yoshitomo Nara - One Ear And..., 1998

V.
L’été arrive, synonyme de job à temps partiel, de farniente partiel, de festivals, de lectures, de sorties, et qui sait, peut-être d’un peu de soleil pour l’édition 2008 ?
Une ombre au tableau ? le cinéma. Pas de cinéma l’été. Ou des films français. Le bord de mer est rarement synonyme de grande cinéphilie et de choix de programmation judicieux.

VI.
Voici comment je commence à ne plus pouvoir caler de dates dans mon agenda… et de donner comme alternative : « et en septembre, tu crois que ce sera possible ? » J’aime ça.

Des brèves, je vous l’avais bien dit.
Merci pour la patience de ceux qui seraient, par un hasard des plus fous, arrivés jusqu’à ces quelques mots.

Une bonne et longue nuit de sommeil s’impose.

 

*Jon Fosse, Terje Sinding (trad.), Melancolia I, Paris, P.O.L, 1998, 284 p.

6 réflexions sur “Au comptoir…

  1. si si si on peut très bien arriver jusqu’à la fin sans aucun problème et même avec grand plaisir, comme à l’accoutumée et même de bonne heure le matin.
    Bien contente que cet opéra t’ait plû car comme tu m’avais lu quelques phrases du livre, j’en doutais un peu (torturé le mec quand même).
    Et je vois que tu as un agenda rempli presque comme un ministre (hihi) mais mieux vaut cela que de l’ennui.
    bises et à bientôt

  2. je te retrouve enfin,depuis qq temps impossible de te lire!bouh trop nul jsuis pas douée pour les nouvelles technologies.si tu viens trainer à st crétin cet été j’ose emettre un voeu :un petit apéro à la maison en compagnie d’ellecram et de son si gentil maçon .

  3. Ah mais avec grand plaisir ! Je serai dans les environs tout l’été puisque je travaille à nouveau pour la saison à Saint-Nazaire !
    A très bientôt !!

  4. Enfin… ce fut intéressant par l’étrangeté des sonorités amélodiques, la mise en scène spartiate,le rendu de l’entrée en folie du peintre, mais toutefois ce ne fut pas une partie de plaisir… plutôt une curiosité! Fin d’après midi soirée fort agréables aussi^^!

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