Rec

AU COEUR DU CAUCHEMAR

Affiche espagnole

Après un mois entier de désertion complète des salles obscures, je me décidais la semaine dernière d’aller voir Rec, film d’horreur espagnol ayant créé un véritable buzz à sa sortie.
Après quelques renseignements, je m’aperçois rapidement que je ne devrais pas y aller seule. Et ce n’est donc seulement qu’après avoir trouvé un acolyte ainsi qu’une date convenant à chacun que j’ai pu, hier, voir ce fameux film.

Si je ne lis jamais de critiques avant de me rendre au cinéma, j’aime toutefois lire / entendre quelques avis, histoire de me faire une idée de l’éventuelle qualité du film et voir quelles sont les réactions à chaud des spectateurs.
L’idée générale était qu’en gros, Rec est un film où l’on crie dans la salle. Il n’y a qu’à voir la vidéo réalisée en caméra infra rouge lors de la première du film au festival de Stiges en octobre dernier.

C’est donc dans un état proche du stress que je me suis rendue au cinéma, par un après-midi au temps clairement non défini.
Le film est long à se mettre en place. Nous suivons donc, caméra à l’épaule, une équipe de télévision (un caméraman et une présentatrice – qui je l’avoue ne m’a pas du tout séduite, ce qui a été quelque peu dommageable pour le dénouement du film) venue faire un reportage plus que banal sur la vie de nuit dans une caserne de pompiers… [En dire plus, c’est déjà trop à mon goût.]
Ce temps de poser le sujet se révèle nécessaire, pour qu’au fil des quelques courtes 80 minutes du film, le spectateur soit dans une sorte d’état second.

Si je ne veux en dire plus sur ce film, c’est avant tout par respect pour ceux qui souhaitent le voir… et je ne crois pas qu’en dire plus ait un réel intérêt.

Pour tout vous confier, je ne dirais pas que Rec soit le film de l’année. Je crains également de ne pouvoir affirmer que c’est LE film à voir, ni même vous assurer que vous passerez un très bon moment, ou que vous serez frappé d’effroi.
Je peux tout de même vous avouer que de mon côté, étant très bon public, ce film a très bien fonctionné. M’attendant tout du long à frissonner, crier, trembler d’effroi, le début du film est assez subtilement construit pour que l’on oublie quelque peu ces légendes entendues au préalable et se détendre en douceur. Je peux tout aussi bien vous confier que, lorsque viennent les scènes réellement effrayantes, lorsque vous croyez avoir eu votre dose d’effroi pour la journée… alors même que vous vous pensez à l’abri  de la terreur… le cauchemar ne fait que commencer.

Alors oui. J’ai frissoné d’angoisse, j’ai souris, j’ai ri même, devant quelques scènes, drôles ou non (par réflexe d’auto-dérision dirons nous) et oui : j’ai crié. Pas un cri strident. Pas un cri à faire se briser un verre de cristal. Non. J’ai crié d’un râle horrifié, ce rugissement qui vient de l’intérieur. Celui-là même que vous entendez lorsque vous vous réveillez d’un affreux cauchemar en pleine nuit. Celui-là même que vous poussez lorsque vous manquez d’air. Et si mon acolyte ne m’avait rappelée à la réalité à ce moment même en posant une main délicate sur mon bras ; si je n’avais croisé son sourire approbateur et complice, peut-être aurais-je eu encore plus de mal à me sortir de ce cauchemar effroyable.

Si Rec pêche par certaines gaucheries de scénario et quelques petites choses… il n’en reste pas moins un film très simple, sans réels moyens, mais d’une efficacité frappante.
En bref, si je devrais classer Rec, je le placerais dans la case « bon film de zombie », à tendance sympathique.

Sur ces quelques mots branlants, je m’en vais de ce pas fêter comme il se doit ce 1er mai devant… un film de zombie, après avoir teminé L’Homme au balcon (très bon polar).

Bande annonce
Site officiel.

Bon jeudimanche !

10 réflexions sur “Rec

  1. Arf, je n’aime pas les films d’horreur, surtout quand je suis seule à les regarder. Du coup, je crois que ce film, dans la plupart des cas, bien critiqué pour son côté flippant, ne passera pas par moi.
    Trop sensible – pôv’bichette que j’suis.

  2. Oh, je ne crois pas que ce soit une histoire de sensibilité. Plus sensible que moi, tu meurs.
    Et puis, bon. Si j’avoue que je n’ai pas été tranquille le lendemain, ce genre de films, avec des zombies, voire les films gore (sanglants, donc), sont les seuls que je peux regarder. Dès qu’on introduit des données « paranormales », je n’en dors plus pendant des mois.
    Je suis mazo je crois. Ca expliquerait beaucoup de choses. Et puis ma curiosité me mène souvent au delà de mes limites. Souvent je regrette.

  3. Oui ?
    Ca me fait penser que j’ai vu Le Jour de la bête l’autre jour… L’un des premiers films d’Álex de la Iglesia. C’est vraiment pas mal. Perfectible mais tout de même bien sympa.

  4. Il est fort Alex de la Iglesia. Surtout avec son copain scénariste Jorge Guerricaechevarria. (J’ai triché, j’ai fait un copier/coller pour le nom.)

    Le (petit) synopsis de Le jour de la bête est excitant.

    As-tu regardé Crimes à Oxford ? J’aimerai bien le voir. (Mais je suis resté dans l’admiration du crime farpait.)

  5. Héhé ! Tu aurais pu briller en faisant croire que tu savais orthographier tout seul un nom aussi compliqué.

    Sinon, je pêche. Et j’avoue tout. Je n’ai ni vu Crimes à Oxford (critique bancale – je sais, je n’aurais pas dû regarder) ni même le Crime Farpait. La honte et l’infamie sur moi sur dix générations (la descendance ne risque rien puisqu’inexistante. Ouf.).
    Ceci dit je devrais réparer ça un jour ou l’autre.

    (Ton blog n’est plus actif Violon ? Je ne peux pas y accéder.)

  6. Je vais attendre que tu en fasses la critique.
    Par contre, oui, honte à toi pour le crime farpait. D’ailleurs, un personnage te ressemble un peu dans ce film. (Comment forcer la main ou la vue.)

    Pour mon blog. Je me débarrasse de la mauvaise herbe. A la main, c’est plus sûr.

  7. Haha ! Tu vas peut-être attendre un bon bout de temps !
    (J’ai peur de ta remarque quant au personnage qui me « ressemble »… Enfin je ne crois pas que ça m’empêchera de dormir la nuit, mais tout de même !)

    C’est la grande époque du ménage on dirait bien ?!
    Moi on commence à me laisser des commentaires désagréables. J’apprécie peu.

  8. Hum, en l’occurence pas vraiment, puisque le commentaire qui me traumatise actuellement serait de la main même de l’artiste…
    Seulement, je ne vois pas bien ce qui lui a déplu. Et au lieu de me donner une réponse plus constructive, il reste muet.
    Aucun succès sur ce blog, sinon lorsqu’il y a fausse polémique.

    (Ouf, je suis heureuse d’apprendre que ce n’était pas méchant. Je chercherai à voir quel est ce personnage, lorsque je verrai le film et n’espère pas être déçue.)

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